Dans le courant des années soixante il y a, aux Etats-Unis, un contexte politique que vous connaissez : la violence et la ségrégation raciale continue envers les noirs qui a engendré la lutte pour les droits civiques des afro-américains. Deux grandes personnalités vont émerger, Martin Luther King, pasteur et Malcolm X, orateur prédicateur, défenseur des droits humains des afro-américains, et, porte parole de Nation of Islam, militant politique. La volonté de Martin Luther King est de mener cette lutte de manière pacifique. Malcolm X est plutôt pour une lutte plus dure, lassé par l’immobilisme et la répression des dirigeants et les violences de la police et du Ku Klux Klan société secrète et suprémaciste blanche. Apparaît aussi le mouvement des Black Panthers, mouvement basé sur une philosophie marxiste. De ces bouillonnements historiques va naître le Black Power.
Les artistes noirs et notamment les peintres vont dénoncer les inégalités et les violences vécues au quotidien par leur communauté.

Nous allons nous poser la question de l’existence d’une esthétique commune à ces artistes. Le terme nègre étant aujourd’hui politiquement incorrect, on parlera d’art afro-américain. Existe-t-il un espace unifié, commun. Est-ce qu’il y a naissance d’une nouvelle nation, la prise de conscience historique d’une différence vécue par le peuple américain noir ? C’est un questionnement complexe et les artistes vont y répondre de là où ils sont, pris.es elles et eux-même dans ces réalités sociales, historiques, économiques et en vivant les ségrégations quotidiennes. Les intimidations du Ku Klux Klan mouvement suprémaciste blanc sont violentes et régulières surtout dans les états du sud.
On pourrait évoquer pour exemple la pratique du lynchage et cette chanson de Billie Holiday «  Strange fruit » parue en 1939 : https://www.youtube.com/watch?v=-DGY9HvChXk

Le KKK est important depuis 1865 date de sa fondation jusque dans les années1968 où des lois sont votées interdisant toutes discrimination sur le territoire. Aujourd’hui, il s’est dilué dans les partis de droite et d’extrême droite, quelques groupuscules subsistent et sont surveillés comme groupes relevant du terrorisme intérieur.

On peut ajouter à cela les stéréotypes coloniaux et le sexisme qui sévit tant pour les femmes blanches mais plus encore pour les femmes noires. Le terme intersectionnalité issus du black féminisme désigne depuis 1989 la pluralité des discriminations vécues par une personne et est devenu un moteur de réflexion dans nombre de lutte pour l’égalité des droits des personnes.

La culture populaire a longtemps véhiculé des images caricaturales des noirs.

Il y a des images qui marquent leur époque comme celle-ci :

Le poing levé du « Black Power » aux Jeux olympiques d’été de 1968

C’est un acte de contestation politique mené par les athlètes afro-américains Tommie Smith et John Carlos lors de la cérémonie de remise des médailles du 200 mètres, le 16 octobre 1968, aux Jeux olympiques d’été de 1968 au stade olympique universitaire de Mexico.

Aujourd’hui le mouvement BLACK LIVES MATTER né en 2013 est un mouvement issu des mouvements pour les droits civiques qui met en avant le problème de profilage racial et les violences policières. Il est apparu au devant de la scène suite à la mort de George Floyd 2020 et d’autres personnes noires arrêtées arbitrairement par des policiers blancs avec violences ayant entrainé la mort.

En 1962, un groupe se constitue qui s’appelle Organization of Black Américain Culture. OBAC qui se prononce Obasi signifie chef en langue Yoruba (Afrique de l’Ouest). Il est composé de peintres, d’écrivains, de comédiens, de poètes. Il sera réparti en trois ateliers : littérature, arts plastiques et un atelier intitulé « communauté » qui sera le lieu d’échanges, de discussions philosophiques, politiques sur le bien fondé de leur mouvement. Leur objectif est de créer un lieu de production sans inhibition, à l’abri de la ségrégation et des préjugés racistes, de l’establishment du monde de l’art mainstream dominé par les artistes blancs.

Les choix artistiques feront écho à l’art dominant du moment, le Pop Art dont ANDY WARHOL est à ce moment là le maître incontesté. Comme dans le Pop Art, ils utiliseront des images commerciales, des objets de récupération mais ils le feront avec une volonté iconoclaste.

1967 Ils décident ensemble de réaliser une composition murale sur le mur d’un bâtiment abandonné. Ce sera la création du Wall of Respect (le mur du respect) à Chicago. Lancée par l’OBAC (Organization of Black American Culture), il fait référence aux artistes, intellectuels et sportifs noirs américains et a mobilisé la communauté OBASI. Ce mur est situé dans un quartier considéré comme ghetto pour que celui-ci devienne un lieu d’exposition.

Ce Wall of Respect n’a aucun objectif esthétique, la surface est utilisée de manière aléatoire, il y a des portraits peints par différents artistes avec différents codes graphiques, ils sont de tailles différentes sans réflexion de composition. Ils utilisent l’art pour faire passer un message sans volonté de faire oeuvre artistique. L’objectif de ces artistes serait de communiquer un message de respect par rapport à la communauté noire américaine et à ses héros. Une inscription délivre un message clair, «  The wall was created to Honor our Black heroes and the beautyfy our community ».

Ce premier mur sera démoli en 1971, mais il sera aussi le premier d’un ensemble de 1500 murs qui seront réalisés dans plusieurs grandes villes américaines entre 1967 et 1972. Cette voie sera non violente et parallèle à l’action des Black Panther.

On pourrait rapprocher cette pratique de cette grande pratique qu’est le muralisme mexicain qui en plus de vouloir faire passer un message aura une intention esthétisante. Dont le représentant majeur est Diego Rivera.

En 1968, cinq artistes d’OBAC créent la Coalition of Black Revolutionnary Artists ou COBRA. (HA) A ne pas confondre avec le groupe européen du même nom mais qui est l’acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam lieux de résidence des principaux fondateurs du groupe. Il sera fondé en 1948 et dissout en 1951. Les membres poursuivant chacun de leur côté une carrière.

Et très vite d’autre artistes vont les rejoindre et ils décident de changer le nom du groupe qui deviendra l’African Commune of Bad Relevant Artists AFRICOBRA. Ce groupe est l’aile artistique du Black Power Movement.

Les artistes fondateurs sont: Barbara Jones-Hogu, Jay Jarrell, Jeff Donalson, Wadsworth Jarell, Gerald Williams.

L’art va devenir pour eux un moyen de communication avec leur communauté mais aussi un vecteur de communication politique vers le monde extérieur. A cette époque l’affiche et la sérigraphie sont les médium les plus utilisés et ils vont beaucoup produire dans ce domaine là. Ils, elles vont traiter leurs sujets avec des images des afro-américains idéalisés. Les compositions seront très rythmées, on sent l’influence de la musique. Les couleurs sont dynamiques, des polices de caractère ondulantes très en vogue dans ces années du mouvement Peace and Love. Il y aura beaucoup d’écrits sur les œuvres proprement dites qui seront des messages de solidarités avec la communauté, de rappel au respect des héros et des ancêtres. Certains virent vers une forme extrémisme du nationalisme noir. On pourra lire des mots comme NATION, REVOLUTION à côté de LOVE.

L’apport artistique d’Africobra ne sera pas que du visuel, il y aura des poètes, des musiciens, des comédiens, … qui vont organiser des concerts, monter de pièces de théâtre, organiser du théâtre de rue, faire des lectures de poésie, pour exprimer leurs valeurs communautaires mais aussi leur colère.
En résumé c’est un art profondément idéologique, axé sur la culture afro-américaine en vue de combattre le racisme institutionnel, structurel qui on peut le dire est aujourd’hui encore prégnant dans la société américaine même s’il est moins flagrant.
L’objectif est de porter les valeurs d’un patrimoine africain : la famille, la vie communautaire, le respect des ancêtres, la spiritualité. Les artistes vont choisir une esthétique spécifique et des outils appropriés pour atteindre leur objectif.

Barbara JONES HOGU

Elle est née en 1938 et morte en 2017. Elle fait des études à l’IIT Institute of Design de Chicago et à participé au Wall of Respect.

Relate to Your Heritage, 1971. Color screenprint, sheet: (86.4 x 109.2 cm). Brooklyn Museum,

Si on regarde bien on retrouve les mots du titre dans le tableau. On repère les années soixante à cause du lettrage de forme ondoyante et des couleurs flashy. Par contre la composition est novatrice en découpant son tableau en bandes verticales, c’est une nouveauté de l’époque que l’on voit aussi chez Rosenquist artiste du Pop Art. Alors que nous connaissions les bandeaux horizontaux que l’on repère déjà chez les égyptiens.

On voit clairement la filiation à la culture africaine, le physique et la coiffure des trois personnages et du profil sont clairement afro-américain.e.s par contre la petite tête noire avec des motifs ne sont pas de cet ordre là.

To be free 1971 silkscreen.

Le sujet est clairement une femme afro-américaine ses cheveux sont faits des lettrages, les couleurs sont vives et dynamiques. Ici aussi on peut lire le message dans le tableau : Pour être libre il faut protéger notre communauté. Le message s’adresse aux membres de la communauté et a sans doute une vocation éducative ou d’empowerment.

Untitled, 1969 , screenprint.

Rise and Take Control, (se lever et prendre le contrôle) 1971, screenprint on paper, Smithsonian American Art Museum 58.7 × 89.2 cm

Nation Time, 1970, silkscreen

On voit dans ces différentes œuvres que si il y a une volonté de faire passer un message, il y a aussi une volonté d’ordre esthétique.

Jae JARRELL

Elle naît en 1935 dans l’état de l’Ohio et fait des études à l’Institut des Arts de Chicago. Elle est styliste, peintre et sculpteur. Elle est l’épouse de WADSWORTH JARRELL

« Préserver notre héritage me motive à créer des ornements pour mes frères et sœurs qui reflètent notre belle culture »

Elle est styliste, et utilise le vêtement pour s’exprimer.

Elle composera ce tailleur qui a l’air très simple … l’ornement est une cartouchière qui est comme une ceinture avec des espaces pour insérer des balles de fusil et que les soldats portent en bandoulière.

Des pièces de tissus sur lesquels elle peint des sujets de la culture afro-américaine.

Et comme les autres membres du groupe elle utilise le lettrage. Et ici le vêtement est devenu comme un mur sur lequel on affiche des messages pour mettre en valeur la culture de la communauté.

Wadsworth JARRELL

Né en 1929 à Albany, il est peintre, sculpteur et graveur. Il déménage à Chicago où il fréquente l’institut des Art de Chicago. Il est le mari de JAE JARRELL.

Il fera parie de l’Obac et va participer au Wall of respect et sera l’un des fondateurs d’Africobra. C’est un peu compliqué de se revendiquer de la culture Africaine quand on n’est pas né là-bas. En 1977, il fera le voyage en Afrique. Il ira en Côte d’Ivoire, au Mali, et au Burkina Faso.

REVOLUTIONARY, 1972, Screenprint printed in color on white wove paper 83 x 66 cm

Le sujet est entièrement construit par le lettrage, les couleurs sont dynamiques et contrastées. Il est dans le style Africobra.

Angela Davis est avec Martin Luther King et MalcomX l’une des héro.ïne.s de la communauté afro-américaine. CetteBD est un biopic qui survole son parcours. Elle est disponible à la bibliothèque de Tournai.

HOMAGE TO A GIANT, 1970, Acrylique sur toile 121.9 x 228.6 x 7.6 cm

Le géant de ce tableau c’est Malcolm X à différents moments de sa vie, l’objectif est bien de montrer le héros de la communauté. On retrouve le lettrage, les couleurs contrastées et acidulées. La cartouchière est présente garnie de balles multicolores, message du ras le bol face aux discriminations. C’est encore le style Africobra.

Et puis …

De retour d’Afrique, il va peindre ceci, il n’y a plus les figures de la communauté mais des personnages et un langage graphique largement inspirés des codes de l’art africain. Il y de nombreux masques et les frises géométriques sont aussi typiques. Par contre les couleurs sont toujours celles du groupe. C’est nécessaire pour continuer à faire partie du groupe d’en respecter les codes. D’autre part, il défend la communauté en glorifiant les racines de celle-ci avec l’idée des ancêtres. La composition est chargée, tout l’espace est occupé, c’est ce que l’on appelle « l’horreur du vide ». C’est le même type de composition que l’on voit au moyen âge où on tord les personnages pour les faire rentrer dans l’espace à remplir.

EXTOLLING A DJWOKE HEADDRESS, 1993, Acrylic, wood, and canvas, 221 x 94 x 43.2 cm

Les motifs sont d’inspiration africaine mais les couleurs sont Africobra. En effet si on regarde les couleurs de l’art africain, les tons sont naturels, des bruns, avec un peu de rouge, de blanc, du noir.

Gerald WILLIAMS

Né en 1941 à Chicago, il étudie au Chicago Teachers Collège et à l’Université Howard. Il sert dans l’US Air Force, voyage et est directeur d’une école pour handicapés mentaux à Nairobi , et enseigne pendant quatre ans dans les écoles publiques de Washington D.C. Il sera directeur de centre d’art et d’artisanat sur différentes bases de l’armée de l’air, Corée du Sud, Japon, Italie, Açores, Etats-Unis.

Angela Davis, 1971, 122×122

Il utilise trois procédés techniques pour générer du dynamisme : la courbe, circulaire qui conduit au hors cadre, les couleurs et l’oblique du visage. Notre regard est donc attiré par l’oblique et entrainé par la courbe qui part en cercle hors cadre.

TAKE IT, 1971, Acrylic on masonite, 127 x 127 x 6.3 cm

MALCOLM  , 1970, Acrylic on canvas, 88.9 x 68.6 x 5.1 cm

Jeff DONALDSON

Né en 1932 en Arkansas – Décédé en 2004 à Washington DC. Études : University of Arkansas, IIT Institute of Desing, Northwestern University

Il atteint des sommets artistiques dans le projet Africobra tout en se démarquant de la gamme chromatique du groupe.

VICTORY IN THE VALLEY OF ESHU, 1971, Screenprint on wove paper, 101.6 x 76.2 cm

Un couple, qui est repris dans l’étoile centrale à des âges différents, ce sont ses parents, référence aux ancêtres. Mais on y retrouve des référence à l’Afrique notamment par cette croix égyptienne ou Ankh qui est un hiéroglyphe représentant le mot « vie ».

En 1970, il va écrire un manifeste, il dit :

« Les images crées sont inspirées par les africains et leur histoire, chacun peut se relier directement sans éducation artistique ni sans avoir vu des œuvres d’art auparavant. J’adhère à une esthétique universelle pour les personnes descendantes d’Afrique et du monde entier ».

Et pour aller dans ce sens il va gommer ce qui est un peu dérangeant dans le style Africobra comme les couleurs trop flashy.

On considère que DONALDSON à une vision idéaliste et même un peu mythique de la culture africaine et des africains mais il a une intention, créer de la solidarité entre les gens et les groupes de la diaspora africaine à travers le monde. Son soutien à la culture noire est axé sur la cohésion, l’amour, même si les cartouchières ne sont pas loin. Il jouera avec l’improvisation dans son travail comme l’improvisation dans le jazz. Il est mieux perçu par la classe dominante blanche qui voit en lui le « bon noir » qui se consacre à sa communauté sans faire trop de vague.

AGONY OF ANGOLA, 1974, mixer media- collage,

Il s’informe sur ce qui se passe sur le continent africain, et on est en pleine période de décolonisation avec des moments politiques troubles.

JD MC CLAIN DAY IN COURT, 1970 Mediumpaint on cardboard with ink on paper 74 × 49 cm.

DONALDSON reprend une photo d’un fait qui s’est produit le 7aout 1970, lors du procès des Soledad Brothers, 3 détenus noirs accusés du meurtre d’un gardien de prison, Jonathan Jackson, le jeune frère de l’un d’entre eux, tente de négocier leur libération en prenant cinq otages dont le juge, dans un tribunal à Marin County, avant d’être abattu par la police. Le juge y laisse aussi la vie.

On découvre que l’arme de Jackson appartient à Angela Davis. Désignée comme terroriste elle devient l’une des 10 personnes les plus recherchées aux États-Unis. Arrêtée après deux mois de traque, elle clame son innocence depuis sa cellule. Partout dans le monde s’organisent des comités de soutien pour sa libération, comptant notamment John Lennon et Jean-Paul Sartre. Après seize mois d’incarcération, elle est innocentée par un jury blanc. Propulsée icône de la contestation, Angela Davis devient une voix importante du féminisme et des droits des minorités sexuelles.

PATRIOT 1975

La technique est un mélange de collage de carton et de peinture, le champ chromatique bien que coloré est plus recevable. S’il se détache de la représentation de personnages connus ou représentants la communauté, il garde les slogans.

SOWETO SO WE TOO 1978

Même si il y a des liens avec la culture africaine, il est plus soft dans sa manière de faire. Dans ce tableau il fait sans doute référence au soulèvement de SOWETO en 1976 et à la répression qui fit de nombreux morts ce qui déclencha un boycott international vis à vis de l’Afrique du Sud.
On retrouve la technique de collage de carton et de peinture et les slogans « so we to struggle » Alors nous devons lutter.

SIMBA 1973. Mixed media, 28 x 18 inches.

On pourrait penser au pointillisme mais ce n’en est pas. Ce sont plutôt des taches qui construisent le sujet et on peut admirer aussi la maîtrise de la technique au niveau des chemises qui sont mises en volumes par ces lignes courbes.

WIVES OF SANGO 1969, 76,2×55,9 cm, dessin, peinture mate, demi-brillante et dorée avec des traces de plume et d’encre brune, grattage, sur des trace de graphite, sur papier vélin épais. Brooklyn Muséum.

Une construction symétrique, académique , en légère contreplongée, les femmes portent des cartouchières et des fusils; on retrouve l’ankh égyptienne et La croix chrétienne.

WIVES OF SANGO 1971, 92x65cm, peinture, encre sur carton. Smithsonian National Museum of African American History & Culture

C’est Africobra parce qu’il met en valeur la communauté noire avec toutes ses caractéristiques. Ici il travaille sur l’esthétique de la femme afro-américaine en l’associant à l’aspect du combat, la fierté,

On est pas dans le pointillismes, ni dans le tachisme qui sont des mouvement européens. Mais sa facture picturale est très riche et très différente, impressionnante selon les zones.

Ce qui est très fort chez DONALDSON c’est cet aspect esthétisant dans ses couleurs, et ses compositions. Et on peut constater de l’harmonie dans les champs chromatiques de chaque personnage alors qu’il y a un contraste entre les deux. Pas très fort mais quand même.

MAJORITIES 1977

C’est encore cette technique de collage de carton peint et découpés. On retrouve des symboles égyptiens, le scarabée ailé, les cobras. Dans ce type de travail très esthétisant et on peut faire des liens avec l’art égyptien mais aussi l’art déco.
Il est dans cet art universel, bien qu’appartenant à Africobra par le sujet. Mais si on ne peut regarder certains tableau du groupe longtemps par ce que l’on se fatigue des couleurs trop acides, ici, on ne se lasse pas de regarder formes et couleurs, matières et superpositions.

Africobra à été exposé à la Biennale de Venise en 2019.

Aux Etats-Unis on ne peut pas ignorer Africobra, le groupe est encore exposé et il a une assise intellectuelle importante. Leur démarche artistique est soutenue par des théoriciens, des philosophes, des politiques.

En guise de conclusion, on peut affirmer qu’Africobra a réussi à installer un art avec une esthétique dite « Noire » qui est capable de faire communauté en définissant des critères précis : une gamme chromatique vive, voire flashy, sauf pour DONALDSON, en magnifiant la figure humaine afro-américaine, sa communauté, ses héros, ses ancêtres, ses racines. Des lignes courbes, obliques, l’insertion quasiment continue de lettres qui forment des mots , des phrases qui construisent des messages à connotations sociales, éducatives voire politiques. Des sujets qui représentent cette communauté noire soit par ces figures emblématiques, soit par l’utilisation de caractères stylistiques spécifiques aux noir.e.s américain.e.s, la coupe afro, les vêtements, les bijoux et en faisant des liens avec la culture africaine et ses racines.

DONALDSON dit en 1970 «  Nous sommes une famille, la grande famille du peuple africain, la famille de l’arbre africain »

Ce mouvement a un impact sur la culture afro-américaine et permet de faire des liens avec l’Afrique qui pour beaucoup est purement imaginaire. Le groupe va rester très indépendant et loin des circuits et des structures culturelles occidentales blanches. C’est un groupe qui est assez extrême, celui où celle qui souhaitait s’éloigner des lignes stylistiques Africobra était écarté.e du groupe. Il était difficile de se faire connaître, d’exister entant que groupe alors il y a des règles à respecter pour faire partie du groupe. Le groupe a fêté ses cinquante ans d’existence en 2018