TABLEAUX SYNOPTIQUES
Ces tableaux sont tirés d’un ancien livre d’histoire de l’art qui n’est plus publié actuellement. Ils sont assez significatifs et permettent d’avoir une vision générale de la chronologie de l’art en occident.
L’ANTIQUITÉ
Trois éléments sont mis en évidence :
L’ordre : ce sont des règles esthétiques qui construisent un canon de beauté. Le premier de ces canons est l’ORDRE DORIQUE. Puis viennent l’ORDRE IONIQUE et l’ORDRE CORINTHIEN. Apprendre à distinguer ces trois ordres est important car ils génèrent des caractéristiques stylistiques différentes.
Dans le bas à droite de la ligne du temps : +395 PARTAGE DE L’EMPIRE. C’est une des dates importantes pour l’antiquité. C’est la date de la crise qui fera exploser l’EMPIRE ROMAIN qui va cesser d’exister politiquement mais va laisser des traces esthétiques jusque la renaissance.
MOYEN ÂGE
Dans cette page nous mettrons deux éléments en exergue :
ART ROMAN premier dans la chronologie du moyen âge et puis l’ART GOTHIQUE. Un exemple unique près de nous : la Cathédrale de Tournai à été construite selon les canons de l’art roman et consacrée en 1171. En 1243 le chœur roman est déconstruit et remplacé par un chœur gothique. Au début du xive siècle, on procéda à l’adjonction du porche occidental, de style gothique lui aussi.
RENAISSANCE ET BAROQUE EUROPÉEN
Pour la page précédente on allait de 400 à 1500 et ici on part de 1400 à 1800.
On voit que Jan van Eyck est à la hauteur de la Renaissance. Nous parlerons d’ailleurs de Renaissance Flamande. Dans la majorité des livres on parle de Primitifs Flamands, parce que les peintres on conservé un lien marqué avec les sujets religieux. Mais également une construction particulière de l’espace qui n’est pas la même que la perspective italienne. Les historiens de l’art du 19eme siècle n’ayant d’yeux que pour la renaissance italienne ont dévalorisé le savoir faire des peintres flamands et les ont catalogués de « Primitifs », un terme péjoratif.
19 ème SIÈCLE
1789 date de la Révolution Française est une date repère historique.
Cinq courants majoritaires qui sont largement influencés par la littérature française.
NEO-CLASSICISME représenté par J.L.DAVID
ORIENTALISME représenté par J.D.INGRES
ACADÉMISME représenté par Messonier, Bouguereau, Cabanel, Rosa Bonheur, E.Carrière.
De ces courants nous ne parlerons pas beaucoup car il y a pléthore de livres sur le sujet. Je préfère me focaliser, dans le cadre de ce cours d’histoire de l’art, sur la transmission d’outils pour pouvoir travailler dans vos ateliers et l’analyse esthétique. Et travailler des thématiques qui sont plus complexes, moins documentées. Mon intention est de vous inviter à sortir de votre zone de confort.
ROMANTISME représenté par Th. Géricault et E. Delacroix.
REALISME représenté par G Courbet, H Daumier.
Et puis l’IMPRESSIONNISME qui vient bousculer tout cela en 1863 par le salon des refusés qui réunit tous ces peintres qui en ont assez d’être jugés par des critiques qui ne font pas l’art. C’est une première rupture dans l’art.
A la droite du ROMANTISME il y a CONSTABLE qui est encore assez classique et TURNER qui va amener une révolution artistique qui sera peut-être encore plus importante que celle des impressionnistes mais 60/80 ans avant.
ART NOUVEAU c’est un courant important qui se développe un peu partout en Europe. Il portera parfois un autre nom en fonction du pays observé mais il va amener des pratiques artistiques et un sens de l’esthétique qui est tout à fait différent de ce qui a été fait précédement.
20 ème SIÈCLE
Réalisme, Expressionnismes, Symbolisme, Van Gogh, les Nabis, Paul Cézanne, ces courants et artistes vont faire la charnière entre les 19 ème et 20 ème siècles.
L’ABSTRACTION GÉOMÉTRIQUE dont la dimension de l’encadré montre bien l’importance du mouvement avec P. Mondrian, de Stijl et l’Avant Garde Russe avec K.Malevitch pour le Suprématisme et le Constructivisme.
Et à gauche, juste au dessus de la ligne première guerre mondiale, il y a Kandinsky dans un encadré gras et la date de 1910 de la première aquarelle abstraite. Mais nous avons vu que, bien qu’elle ait été découverte tardivement, Hilma af Klint a fait de l’abstraction dès 1903 d’après ses carnets et 1905 pour les tableaux.
L’encadré gras de Kandinsky signale une deuxième rupture dans l’histoire de l’art.
Il faut aussi ajouter une boîte ABSTRACTION LYRIQUE qui doit venir avant l’EXPRESSIONNISME ABSTRAIT puisque ce courant est la suite de l’Abstraction Lyrique.
F.KUPKA qui est tant lyrique que géométrique peut être rajouté au-dessus de la boîte Dadaïsme. Il n’appartient pas à ce courant, mais on le situe là pour marquer sa place entre l’abstraction lyrique et l’abstraction géométrique.
Nous avons mis en évidence les courants de l’abstraction.
Il faut également parler de ce courant qui est une autre rupture dans l’histoire de l’art c’est le DADAÏSME dont Marcel Duchamp est la pointe émergée mais il faut ajouter Schwitters qui est aussi important, sinon plus.
Du mouvement Dada naîtra le mouvement NEO DADA, qui engendrera le POP ART, et l’art d’assemblage avec Rauschenberg. Une autre flèche nous conduit au NOUVEAU RÉALISME dont Klein est un des représentants majeur. Et une troisième flèche nous conduit à l’ART CONCEPTUEL représenté par Buys, Boltansky, … sur la boîte Art Conceptuel d’autre boîtes sont posées et pas fermées parce que c’est un courant qui se développe largement et se développe encore.
A gauche il y a en majuscule REJET DE LA NOTION D’ŒUVRE D’ART. On vient de voir que Rauschenberg est dans cette démarche donc on peut le relier à cette boîte par une flèche.
Et à gauche de celle-ci une boite qui en contient 3 : INSTALLATION, ENVIRONNEMENT, PERFORMANCE.E à droite de ces trois boîtes, il y a ART DU PROCESSUS où les artistes vont plus s’interroger sur la manière dont on aboutit à un résultat que sur le résultat lui-même. L’ART ÉPHÉMÈRE va aussi prendre de l’ampleur. Et en dessous de tout cela il faut ajouter ESPACE / SPECTATEURS. Parce que ce sera une nouvelle donne dans la pratique artistique.
HISTOIRE DE L’ART DU 17 ème SIÈCLE
Et pour commencer quelques notions d’Histoire puisque immanquablement elle influence l’ART.
En Europe on va parler du Siècle d’or néerlandais, période qui ira de 1584 à 1702. Cela se passe dans La République des Provinces-Unies (Pays-Bas actuels) qui est créée en 1581 après un soulèvement contre le pouvoir espagnol. Et, les Pays-Bas espagnols (Belgique actuelle + un petit bout de la France, la Bourgogne, le Luxembourg) sont des territoires gouvernés par l’Espagne.
Le modèle politique de l’époque est soit un royaume, soit un empire, modèles politiques encore très puissants et très hiérarchisés.
La première puissance commerciale ce sont Les Provinces-Unies, avec une forte concurrence des Pays-Bas espagnols. Une liberté de culte et d’expression est accordée aux citoyen.ne.s dans Les Provinces Unies ce qui draine nombre d’intellectuels, dont Baruch Spinoza, qui trouvent là un lieu propice à la diffusion de leurs idées par l’impression de livres et autres écrits. Cette primauté va susciter de la jalousie de la part de la France et de l’Angleterre.
On dit Siècle d’or parce que c’est une période où il y aura une floraison de propositions artistiques et un production de chefs d’œuvres de la peinture dite hollandaise. Cette prospérité s’appuie sur des réalités sociales et culturelles de l’époque.
Il y aura quatre facteurs déterminants :
- Une supériorité navale des Provinces Unies et en conséquence une extension des activités commerciales par les voies océaniques.
On voit sur les tracés que les découvertes sont faites et que les voies de navigation sont ouvertes. Et les Provinces Unies sont dominantes avec la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales fondées en 1602 et devient la première compagnie privée. Elle va mettre en place des monopoles commerciaux sur ces routes commerciales entre les territoires des Provinces Unies, l’Europe et l’océan indien, l’extrême orient et cela va durer deux cents ans.
- La religion est un deuxième vecteur. A cette époque les guerres de religion font rage dans divers endroits.
On voit sur cette carte que les régions demeurées catholiques sont en jaune pâle : Espagne, Portugal, Italie il n’y a pas de doute. Et cela dégénère en : France, Pays-Bas du nord et du sud, le Saint Empire Germanique. C’est la religion protestante qui prend le haut du pavé avec trois orientations : Luther, Calvin, et en Angleterre le roi fonde la religion Anglicane.
En conséquence de nombreux migrants arrivent de partout : les huguenots de France et les juifs (voir carte ci-dessous) et cela amène de l’argent et des échanges culturels.
La liberté d’expression est relative c’est mieux qu’ailleurs mais on ne dit et publie pas en TOUTE liberté d’ailleurs Spinoza, juif, publiera certains de ces écrits anonymement.
PAYS BAS DU NORD
RÉFORME
Guidée par Luther ou Calvin
Allemagne et Provinces- unies
A Amsterdam on vit la Réforme.
Rembrandt, Vermeer, illustreront la réforme protestante.
PAYS BAS DU SUD
CONTRE REFORME
Guidée par le Pape concile de Trente (Italie)
Europe du sud et Pays-Bas du sud (nous)
À Anvers on vit la Contre Réforme
Rubens illustrera la contre réforme catholique.
L’église va se servir de l’art pour réaffirmer sa place, c’est l’origine de l’art Baroque qui sera un moyen de cohésion entre le peuple et l’église qui se sert de l’art comme moyen de propagande.
La première tentative sera l’architecture, objectif complètement raté. L’ostentation, la richesse vont détourner ceux qui doutaient encore. Les propositions des protestants sont plus simples, tournées vers le réel et la simplicité.
Par contre, la peinture avec Caravage et les principes artistiques qu’il met en place vont attirer le public et cela va fonctionner.
Au 17 eme siècle l’art majeur c’est la peinture. À Anvers, 300 ateliers de peinture pour 150 boulangeries. Cela nous indique que l’activité de ces ateliers était prospère. À Anvers comme à Amsterdam, il y a une population aisée et il est de bon ton d’avoir des peintures chez soi. Chaque famille bourgeoise, pour rappel cette classe sociale apparue au 16 ème siècle est bien installée, à au moins cinq tableaux. Aujourd’hui, on sait par des recherches faites sur les comptabilités de l’époque qu’il ne reste que dix pour-cent de ce qui a été produit.
Dans les Provinces Unies les peintres vont délaisser les sujets religieux. Par contre du côté des Pays Bas du sud il faut continuer à peintre ces sujets religieux. Dès lors, de nouveaux thèmes picturaux vont émerger.
LES PORTRAITS
FRANS HALS 1580/1666 nait à Anvers meurt à Haarlem (Pays Bas du Nord)
Il est le maître du portrait individuel. Faire peindre un portrait de soi ou de sa famille, de son groupe social c’est comme se faire photographier aujourd’hui. Le selfie de l’époque …
Celui-ci est de construction classique, basée sur le triangle, hors cadre. Mais on constate que la mise en contexte n’a pas beaucoup d’intérêt.

Frans Hals Jeune Garçon avec un verre et un luth 1626 – 100×90 – Huile sur panneau – Guildhall Art Gallery Angleterre
Il s’autorise la mise en évidence d’une manière de vivre à travers le portrait, un musicien joyeux levant son verre.
(AE) On pourrait mettre en évidence un plan -1 qui se reflète dans le verre et qui est hors du tableau.
Depuis le moyen âge, les confréries se sont développées pour tous les métiers. Celles-ci, vont faire faire des portraits de groupes pour montrer leur importance et leurs actions au sein de la société.
Il fera une série de portraits de confréries. On voit ici que la mise en contexte est présente, mais elle fonctionne comme un décor de théâtre. L’important est de montrer les gens et lorsqu’ils sont venus poser pour les crayonnés, ils ont revêtus leurs plus beaux atours. On se présente dans toute la rigueur de leur profession, et en conformité avec des préceptes religieux.
Ici l’espace est plus réel, et on sent qu’on est du côté protestant, pas de couleur.

Raphaël La dame à la licorne 1506 – 65×51 – huile sur panneau transposé sur toile – Galerie Borghèse Rome
Renaissance Italienne, construction classique triangle centré légèrement hors cadre. Frans Hals est bien dans une continuité classique.
Celui-ci, les régentes de l’hospice, incarnant la rigueur protestante.
Et le portrait le plus connu, la référence classique de la Renaissance :
La Joconde de Léonard de Vinci avec une construction en triangle, centré. Pas de hors cadre, sorte de « beauté inaccessible » et un paysage qui la place dans le monde, correspond bien à ce renouveau humaniste. Avec un sfumato qui accentue la perspective aérienne.
Quelles différences ? Pas de paysage : la mise en contexte n’est plus nécessaire. La beauté : Hals s’autorise plus de réalité. La palette de couleurs : est restreinte. Ces trois éléments vous suffiront à distinguer un portrait de la Renaissance italienne d’un portrait du 17 ème siècle des Pays Bas du nord.
Frans Hals peintre de portraits et de portraits de groupes à peint aussi des portraits de famille. A lire dans ce lien l’histoire de celui-ci :
https://blog.kermorvan.fr/2019/08/23/les-portraits-de-famille-de-frans-hals-a-custodia/
LES NATURES MORTES
Les bourgeois étaient friands de portraits et de scène de famille mais aussi, de ces natures mortes dans lesquelles ils pouvaient montrer leur statut au sein de la société.
Willem CLAESZOON HEDA 1594 – 1680
Il travaille toute sa vie à Haarlem et souvent les peintres se spécialisent dans une catégorie de sujet.
Il y a des éléments récurrents ; le citron, le pain, … (AE) immanquablement un plan – 1 dans le reflet du verre.
Cette peinture est extrêmement symbolique : tout ce qui est verrerie va symboliser la fragilité de la vie. C’est aussi pour cela que dans certaines compositions, ils seront renversés et symboliseront la vie consumée, la mort qui approche, ou même brisés et alors signifieront la mort inéluctable.
Et encore ici avec les fenêtres qui se reflètent dans le verre et sur le métal de la coupe. Accordons une attention à la facture picturale, sa précision dans le rendu des matières, notion qui nous vient de Van Eyck.
Le citron épluché, symbole de richesse, indique la nature en voie de corruption. Le verre à moitié plein : le temps qui passe. Le sucre en poudre, denrée rare, indiquait le danger associé à la douceur. Alors que les huîtres à cette époque étaient une denrée on ne peut plus commune. L’assiette en équilibre au bord de la table indique la fragilité des choses, de la vie, de la fortune,…
Les couverts posés en obliques servent aussi à introduire de la perspective d’objet dans la composition.
Willem KALF 1619 – 1693
Il commence par des scènes de genre, qu’il peint lors d’un séjour de 1641 à 1646 à Paris où il y avait un groupe de peintre hollandais qui résidaient à Saint Germain-des-Prés. On est assez dubitati.f.ve.s mais, ces toiles étaient très appréciées par ses pairs et certains peintres français de l’époque.
En 1646, il rentre à Amsterdam et se met à peindre des natures mortes, genre qu’il a commencé à exploiter à Paris et qui gagne en visibilité et faveur dans le public de ses contemporains avides de montrer leurs réussites financières.
Quand on regarde ceci, on ne peut qu’être admirati.f.ve.s devant : la composition, le choix des couleurs, le travail des matières et des reflets. Aucune mise en contexte, mais elle n’est pas nécessaire, ce qui a sur la table est suffisant. Un citron entier à l’avant et un citron épluché avec certaines partie à vif, il faut bien jouer le jeu des symboles propres au genre.
Il va acquérir toutes sortes d’objets, comme ces porcelaines chinoises, ou cette coupe travaillée à partir d’un coquillage de nautile et montée sur de l’orfèvrerie. Il les utilisera de façon récurrente, tout comme le tapis, qui était sur les murs au moyen âge pour assurer un certains confort acoustique et de chaleur, que nous utilisons aujourd’hui pour son aspect décoratif au sol, était, à l’époque, utilisé un peu partout : sur les tables, sur les chaises, …
Dans cette toile admirons encore ce rendu des matières, ressentons la différence entre la peau du citron et sa chair et son zeste, on a trois textures différentes. Que dire de la couleur reflétée sur le pot à gingembre (un clin d’œil à Mondrian en passant) qui provient de la lumière traversant le verre.
Ce genre est petit à petit codifié et comme les peintres ne peuvent pas trop s’écarter de ces normes ils vont trouver des moyens de compositions, avec les reflets dans les verres et autres surfaces réfléchissantes, pour rendre le traitement de l’espace un peu plus complexe avec des espaces -1 expression d’un espace qui se trouve hors du tableau.
En 1651 il épouse Cornelia Pluvier, poétesse, calligraphe, et graveuse sur verre. Ses talents ont attiré l’attention de Constantin Huygens secrétaire d’un Prince d’Orange qui possédait un de ses römers gravés.
Römer du XVIIe siècle, fabriqué en Allemagne ou aux Pays-Bas. Sur la partie centrale, des pastilles décorent le verre.
SCENES DE GENRE
Pieter DE HOOCH 1629 – 1684
Né à Amsterdam. Il fait de la peinture de genre qui est une représentation de scènes de la vie quotidienne. Un des grands représentants est Pieter De HOOGH.

Pieter De Hoog, Cour d’une maison à Delft – 1658 – 73,5×60 – Huile sur toile – National Gallery Londres
Scène apparement simple, mais qui, si on en faisait une analyse esthétique révélerait l’exploitation de toutes les leçons qui leur viennent de la Renaissance. (AE) Rien que la perspective aérienne : les différentes zones de lumière au fur et à mesure que l’on avance, circulent dans le tableau sont complexes à souhait.

Pieter De Hoog, Intérieur avec femme épouillant les cheveux d’un enfant -1658-1660 – 52,5×61 – Huile sur toile Rijksmuseum Amsterdam
Repérer les espaces intérieurs, l’espace extérieur, la lumière. De nouveau simple mais risquons nous à une analyse plus approfondie pour constater une fois encore que cette simplicité n’est qu’apparente. Le chien nous tourne de dos, et cela nous renvoie à l’instantanéité de la vie.
Un renaissant aurait mis le chien où et comment ? Dans les bras de la femme… bonne idée. A tout le moins, aux pieds de la dame et orienté vers le spectateur.
Johannes VERMEER 1632 / 1675
est celui qui va être le maître de la scène de genre.
Il vit à Delft et n’en est jamais sorti. 37 tableaux en vingt ans. Il vit dans les Pays Bas du Nord mais est catholique. Il meurt très jeune. Et peint selon son rythme, à la commande, pas pressé par le quotidien qui est assuré par la fortune de sa femme.
Ce qui est caractéristique chez Vermeer c’est le traitement de l’espace, le traitement des personnages et l’ambiance qu’il génère par le procédé technique de la lumière.

Johannes Vermeer L’art de la peinture 1666 – Huile sur toile – 120×100 – Kunsthistorisches Museum Vienne
Dans celui-ci titré L’art de la peinture, soyons sensibles à ce tapis et aux différences de lumières au fur et à mesure que l’on avance dans le tableau. Le peintre nous tourne de dos, manière novatrice de nous présenter un sujet simple, à première vue.
Ses premiers tableaux, moins intéressants, qui reprenaient des scènes religieuses ou mythologique sont plus grands. Les tableaux de scènes de genres iront en se réduisant.
Le plus célèbre…
La laitière, l’image n’est pas fidèle aux couleurs du tableau et c’est difficile d’en trouver une bonne reproduction.
Mais cela ne nous empêche pas de constater la maîtrise de la technique picturale qui s’exprime dans les matières, que l’on peut constater en distinguant : le pain, l’osier du panier, le vernis des poteries, le métal de l’objet suspendu, et même la rougeur des mains de cette femme qui faisait sans doute des travaux plus pénibles que de verser du lait…
Et son détournement en publicité qui l’a rendue célèbre mais pas nécessairement connue pour son statut d’œuvre majeur de la peinture hollandaise du XVII ème siecle.
Et un peu d’humour.
Au Pays Bas du nord celui qui est le plus célèbre c’est,
REMBRANDT 1606 – 1669
Il fait de la gravure et cela va influencer son coup de pinceau, il donnera de la matérialité aux cheveux par exemple. Il fait la synthèse de ce que l’on a vu jusqu’à présent. Dans la composition, il ne reste pas grand chose, il y a lui et on ne le voit pas très bien parce qu’il y a ce jeux d’ombres. Il ne met pas en lumière l’expression de son visage ce qui est surprenant puisque c’est un portrait dans lequel l’idée est quand même de représenter ce visage. C’est entre autres cette audace qui fait que l’on parle encore de lui aujourd’hui.
Portrait à 32 ans, c’est une des oeuvres que l’on utilise dans l’introduction à l’analyse esthétique parce qu’il introduit une nouveauté dans la gestion des plans avec ce coude posé sur la balustrade. Et s’il fait de nombreux autoportraits c’est plus par commodité – le modèle est toujours disponible – que par vanité.
Ce qui l’intéresse c’est la recherche, il va peindre comme cela à la fin de sa vie. Une facture picturale de plus en plus marquée, un peu à la manière de Van Gogh beaucoup plus tard.
Ses contemporains n’appréciaient pas tellement ce genre de rendu et les commandes iront en s’amenuisant. Après une vie confortable, grand atelier, de nombreux aides qu’il doit rémunérer, sa vie dispendieuse et son caractère entier ne l’aideront pas face aux attentes de ses commanditaires. De riche et célèbre, il mourra ruiné et délaissé.
Portrait de groupe, pour lui aussi

Rembrandt La leçon d’anatomie du docteur Tulp 1632 – Huile sur toile -169,5×216,5 Mauritshuis La Haye
La leçon d’anatomie du professeur Tulp. Différent de Hals. Ici, on a l’impression de saisir un moment par surprise au vu de la mimique du personnage qui regarde le spectateur et semble saisi.
Des sujets en relation avec la religion.

Rembrandt Bethsabée au bain tenant la lettre du roi David 1654 – Huile sur toile – 142×142 Louvres Paris
Bethsabée au bain, scène de l’ancien testament qui est privilégié par les protestants. Mais, si c’est un sujet religieux c’est en même temps une déclinaison de ces représentations de Vénus, stéréotype de femmes à la beauté idéale de la renaissance. Mais c’est traité à la manière de Rembrandt au XVII ème siècle avec : du clair obscur, un cadrage novateur, de la matière, de l’individualisation et non de l’idéalisation.

Rembrandt, Les lamentations de Jérémie sur la chute de Jérusalem 1630 – Huile sur panneau – 58×46 Rijksmuseum Amsterdam
Jérémie pleurant la destruction de Jérusalem. Celui-ci nous l’avons déjà vu aussi, il est novateur dans le sens où il montre l’expression de la foi d’une nouvelle manière. Ce n’est plus une foi ostentatoire mais une foi intériorisée qui touche les gens et où iels se sentent concerné.e.s. Outil extrêmement puissant d’adhésion à ce nouveau culte protestant par la force mimétique induite par cette image où le, la spectateurice s’identifie au personnage.
Rembrandt est très identifiable et très connu et reconnu et voilà ce qu’il se passe devant le tableau de La ronde de nuit au Rijksmuseum d’Amsterdam.
Il y en a qui ont la chance de le voir en solo.
Et peu de tableau peuvent se vanter de ce genre de reproduction… rançon du succès
Les gravures
LES PEINTRES FEMMES DU 17 ème SIÈCLE
A cette époque il y avait aussi des peintres femmes qui étaient connues et qui vivaient de leur métier. Certaines vendaient même plus que leur homologue masculin.
Clara PEETERS Anvers 1581 ou 85 – 1657
On sait peu de chose sur elle, cet autoportrait est presque certainement d’elle. Et elle a laissé 31 tableaux datés entre 1607 et 1621.
Pionnière de la nature morte, genre qui prend son essor dans ce siècle d’or débutant et doit son succès à la bourgeoisie qui souhaite au travers de ce genre montrer la richesse du commanditaire. Il y a des représentations d’objets inanimés depuis l’Antiquité et même la préhistoire. Mais, c’est là, à cette époque que les règles esthétiques de ce genre sont fixées. Ce genre de tableaux étaient majoritairement peint par des femmes puisqu’elles n’avait pas accès aux genres supposés nobles : la peinture d’histoire ou mythologique. Le terme « stilleben » pour les Pays Bas, est apparu en 1650 pour ce genre de peintures avec de la nourriture. Il s’agit d’un sous-genre que le néerlandais qualifie de ontbijtjes (petits-déjeuners) lorsque les objets et les aliments sont simples ou de banketje (banquets) lorsque le luxe apparaît. Le genre se répand en Europe et sera still-life pour les anglais, bodegones en Espagne et en France « nature morte ».

Clara Peeters, Nature morte avec crabe, crevettes et homard 1630 – huile sur panneau – 70,8x 108,9 Musée des Beaux Arts Houston
Première à peindre des poissons et des oiseaux morts.

Clara Peeters, Nature morte au chat et aux poissons – entre 1622 et 1630 – Huile sur panneau – 34,3×47 National Museum of Women in the Arts Washington DC
Elle a semé dans sept de ses œuvres des autoportraits peints en petit dans des reflets.
Et dans un de ses tableaux elle signe en peignant la gravure de son nom sur le couteau posé en bord de table et qui sert à introduire de la perspective d’objet. Ce couteau dit aussi qu’elle s’est sans doute mariée parce qu’il était de tradition d’offrir ce genre d’objet à une fiancée. S’est-elle arrêtée de peindre pour cette raison …
N’hésitez pas à regarder la vidéo qui vous en raconte plus.
Judith LEYSTER 1609 – 1660

Judith Leyster, Autoportrait 1630 – Huile sur toile – 74,6×66,1 National Gallery of Arts Washington DC
Elle est inscrite à la guilde de Saint Luc de Haarlem. en 1632, elle est à la tête d’un atelier prospère et a trois élèves; elle a poursuivi Frans Hals pour avoir débauché un de ses élèves sans passer par la Guilde de Saint Luc procès gagné et qui lui a valu d’être dédommagée financièrement mais lui a valu aussi une amende pour non inscription de l’élève en question. Et son œuvre est plutôt dans le courant Baroque, caravagesque. Mais en 1636 elle se marie et arrête de peindre pour s’occuper de sa famille et gérer l’atelier de son mari.
Elle n’a rien à envier à Frans Hals à qui les historiens de l’art ont attribué nombre de ses œuvres dont « La joyeuse compagnie », considéré, jusque là, comme l’un des meilleurs tableaux de Frans Hals. Qui entre 1868 et 1892 passa de 43 livres à 4500 livres. Puis, a fait l’objet d’un procès autour des années 1893 quand le Louvre authentifie la signature de Judith Leyster. Le propriétaire du tableau gagne le procès qui annule la vente sans que soit prise en compte la valeur intrinsèque de l’œuvre qui redescend à 3500 livres.
Maria VAN OOSTERWIJK 1630 – 1693
Elle peint des bouquets, sujet qui peut nous sembler anodin aujourd’hui mais qui à cette époque reflète la richesse des commanditaires, acquéreurs. En effet ces tulipes, qui a l’origine viennent de Turquie, et dont la Hollande va devenir spécialiste, vont devenir un objet de convoitise surtout celles représentées ci-dessous. Les tulipes cassées, comme on disait, sont rares et chères, elles sont le résultat d’un virus dans l’oignon et étaient éliminées des cultures.

Maria van Oosterwijck, Nature morte aux fleurs 1669 – Huile sur toile – 137,1×46 Musée d’art de Cincinnati
Les papillons et autres insectes évoquent la fragilité de la vie, le passage de l’âme vers un autre état.

Pieter Leermans Portrait d’une dame inconnue représentée comme Marie Madeleine entre 1650et 1700 – Huile sur panneau – 36,8×28
Le modèle de ce tableau est probablement Maria van Oosterwijck.
Rachel RUIJS 1664 – 1750

Godfried Schalcken (1664-1750) Portrait de Rachel Ruys avant 1706 – Huile sur toile -71,8×62,2 Musée Le Wilson Cheltenham

Michiel van Musscher (1645-1715), Portrait d’une artiste, Rachel Ruys, dans son atelier 1680 – Huile sur toile – 114,1×91 Musée d’Art de Caroline du Nord
Son père botaniste et professeur à Amsterdam va soutenir et encourager sa fille dans ses cheminements vers le statut d’artiste. Elle l’aide dès son plus jeune âge à préparer les fleurs pour les cours qu’il va donner. Très vite elle montre un talent pour le dessin et est confiée à un peintre de nature morte.
Elle épousera un peintre portraitiste, iels auront ensemble dix enfants. Son mari la soutient dans sa profession et il est même fier d’elle pour preuve dans ce tableau, qu’il peint, il tend la main vers le fond de la pièce où un tableau de sa femme est sur le chevalet.
Et parfois une vanité qui comme nous l’avons déjà évoqué parle de la fragilité des choses de la vie.
Ce tableaux a-t-il été peint pour rappeler la fragilité de l’existence et de la fortune ? En 1635 éclate la première bulle spéculative du capitalisme. Elle a été provoquée par la spéculation sur la tulipe cassée, variété de tulipe marbrée, rare à l’époque et puis s’est étendue à tout le marché de la tulipe. Une épidémie de peste bubonique n’a pas aidé aux échanges. Toujours est-il que du jour au lendemain un bulbe qui se vendait à prix d’or ne valait plus rien.
https://www.cafedelabourse.com/dossiers/article/bulles-financieres-la-crise-de-la-tulipe
En conclusion : Peintres femmes mais peintres de son temps elles étaient cantonnées à des genres dits mineurs ce qui ne les empêchaient pas de s’illustrés et de se faire leur place aux côtés de leurs homologues masculins.
Artemisia GENTILESCHI 1593-1656

Artemisia Gentileschi autoportrait comme allégorie de la peinture 1638-1639 – Huile sur toile – 98,6×75,2 Collection Royale Britannique
Sur sa chaîne You tube, Margaux raconte en 3 vidéos la vie et l’œuvre d’Artemisia Gentileschi 1593 / 1656 peintre italienne, qui est contemporaine de certaines peintres ci dessus mais l’une des premières Baroque puisqu’elle était italienne et a été fortement influencée par le Caravage.