HA LAND ART suite

Nancy HOLT 1938-2014

Nancy Holt, portrait

Connue essentiellement pour « les tunnels solaires », commencés en 1973, en Utah, zone plus que désertique.

Œuvre composée de 4 cylindres placés en croix et selon les axes cardinaux. De taille importante (l 4m x L5m x H 3m). Ils sont creux et percés de cercles. Impressions générées : bizarre, étrange, fantastique, surprise, abandon, dérangeant, énigmatique. Matériau : le béton.

Que se passe-t-il à différents moments de la journée ou de la nuit ? Selon les moments de la journée, des ombres sont créées, des couleurs apparaissent et cela provoque différentes sensations.

Lien avec le Minimalisme : les moyens utilisés sont simples en apparence, des tubes percés; la mise en œuvre est complexe de par le gigantisme des pièces, leur fabrication, leur transport et leur installation.
L’accès à l’œuvre est compliqué.

Référence à des sites comme Stonehenge ? Oui il y a un lien avec le cosmique.

Dans le Land Art, l’exploitation des traces et leurs commercialisation peut être dérangeante pour l’histoire de l’art. Quant à l’analyse esthétique, ce que l’on analyse c’est l’œuvre et pas la photo de l’œuvre.
Il est important, comme à chaque fois que l’on regarde de l’art photographié, de décoder le positionnement du photographe quand il prend les photos. Est-ce qu’il reste neutre et présente l’œuvre sans ajout d’effet ou propose-t-il une photo réfléchie, réalisée pour obtenir tel ou tel effet? On peut aussi se poser la question de la retouche d’une partie voire de l’entièreté de la photo pour augmenter son esthétique et son impact émotionnel. Agréable à regarder, la photo offre un aspect esthétisant mais ce n’est pas forcément l’intention de Nancy Holt.

En suivant le lien ci-dessous, une vidéo neutre du site et de l’œuvre:
https://www.bildmuseet.umu.se/en/exhibitions/2022/nancy-holt/

Les Land Artistes utilisent souvent des formes récurrentes dans leurs œuvres. Nancy Holt, ce qui l’intéresse, dans la vraie nature, ce sont ces formes circulaires, qu’elle repère et transpose.

Ici, elle a placé un cylindre qui perce la dune et on voit l’espace à travers la dune. On retrouve deux procédés du Land Art : l’inaccessible on ne sait pas nécessairement où c’est et le minimalisme.

Elle joue avec la symbolique du cercle. Elle nous donne à voir un espace au-delà de la dune auquel on n’a normalement pas accès si la dune est pleine.

Le Land Art ne vivra, à un moment donné, qu’à travers la photo. Il y a des œuvres commandées pour rester longtemps. Mais le seul moyen de montrer les œuvres éphémères, ce sont les photos ou les films réalisés par ou pour les artistes. La vente de ces photos, films, poster, cartes, etc, fait grincer les dents des milieux artistiques académiques qui trouvent que la marchandisation nuit à l’art. Cependant, les artistes doivent bien vivre de leur travail et le spectateur est content de voir ces réalisations et leur mise en place.

On est en extérieur, une rivière et le long de celle-ci un sentier sur lequel elle  dispose des éléments circulaires faits de plaques de métal avec un léger rebord. Quand le temps est sec, le métal poli  reflète le ciel, reflet de l’immensité, c’est un petit rond mais dedans c’est l’univers infini. Quand il y a de l’eau, il y a d’autant plus de reflet, et parfois le vent trouble l’image et il y a distorsion de l’image projetée.

Autre œuvre

Holt retravaille avec ses cylindres sur un site beaucoup plus grand, qui permet un parcours à pied, avec des talus, des volumes, des lignes courbes et avec ces cylindres, on peut entrer, sortir, pénétrer dans différents espaces.

Le Land Art est apparu aux États Unis dont ces artistes qu’on vient de voir sont les premiers représentant.e.s. Au pays du gigantisme, le Land Art est industrialisé.

Quand cete forme d’expression arrive en Europe, on va avoir des intentions différentes qui se mettre en place. De plus, les mouvements écologiques se développent avec comme pays précurseur l’Allemagne.

Andy GOLDSWORTHY 1956 Angleterre

Vidéo 2 : Reportage sur le travail de l’artiste avec ses commentaires. Traduction des commentaires par Carine :

Une de ses formes récurrentes : le cône ou la graine, la graine : élément de base, ce par quoi tout commence. Forme qui paraît simple… ! Mais… En pierre ou en glace les conditions de travail sont difficiles. Travailler la glace, c’est faire avec le soleil qui fait apparaître l’œuvre, mais la fait fondre aussi. Questions de naissance, processus de vie, mort. Aspects profondément philosophiques, en lien avec l’existence de l’humain dans l’univers.

Quand il fait un travail, il va jusqu’à la limite de l’effondrement. Ici, on voit qu’il reste pendant des heures à fixer des brindilles avec des épines tirées d’autres arbres ; il est aux aguets, à l’écoute de ce qu’il se passe autour de lui, il y a le vent, il y a danger de survie de l’œuvre, il la protège avec ses mains, mais un simple coup de vent un peu plus fort que les autres, tout s’effondre et il faut recommencer.

Autre travail qui l’intéresse : travailler avec l’intensité des couleurs, se concentrer sur l’impact qu’ont ces couleurs. Il essaye de comprendre ce que la couleur produit, comprendre la nature de la couleur, ce qu’elle signifie. La couleur occupe une place importante dans la nature. Pour activer les couleurs, il utilise les feuilles, qui ont beaucoup de possibilités de couleurs différentes. En fonction de la manière dont elles sont posées, elles créent des reflets, des reliefs qui permettent de faire ressortir leurs couleurs et apportent plein d’énergies. Il faut trouver la bonne place de chaque couleur.

On ne peut pas ignorer la présence humaine, son propre corps fait partie de la nature, il va devoir faire avec et il espère créer une espèce d’harmonie entre les matières.

Avec la glace, il commence à travailler la nuit. Il ramasse des blocs de glace, les assemble, puis le soleil révèle enfin l’objet. Avec la journée avance, et le soleil qui chauffe, l’œuvre fond, l’œuvre disparaît.

C’est récurent chez les Land Artistes, il y a l’objet produit mais ce n’est pas le plus important ; ce qui est important, c’est le processus pour obtenir cet objet, il faut que cet objet soit en lien avec l’atmosphère, le lieu, l’espace.

Ici, au Canada, il fait un « trou de saumon ». C’est difficile car le milieu est froid, humide. Il crée, avec des bouts de bois flottants, une espèce de nid à l’envers, l’eau va monter et pénétrer dans le trou de saumon, va le remplir, le fragiliser et l’emporter.

Quand il part le matin, il ne sait pas ce qu’il va faire. Cela va dépendre de ce qu’il va trouver sur son chemin, de ce qui va attirer son regard. Cela  lui donne une très grande liberté, introduit la notion de hasard. C’est le hasard qui fait la rencontre avec tel ou tel matériau, avec lequel il va pouvoir faire oeuvre pour révéler le lieu et l’espace.

Dans le Land Art, la photo est un langage qui va permettre d’illustrer la démarche de l’artiste, en disant cela, il fait référence à Brancusi qui utilisait la photographie pour expliquer son art. Il dit bien que la photo est un résultat important du travail, elle va montrer les traces, elle va permettre de se souvenir.

Regarder les photos de son travail lui permet de voir ce qu’il a déjà fait et de créer des liens entre ses différents travaux.  La photo est un langage aussi. Il pense qu’un bon travail est une clarté, un moment de création dans un monde chaotique.

Andy Goldsworthy exploite différentes formes et elles deviennent récurrentes.

LE CERCLE

Sur une surface d’eau, il travaille des brindilles, qu’il assemble en équilibre fragile autour d’une espace vide, un demi-cercle. Avec le reflet dans l’eau, le demi-cercle révèle un cercle. C’est pérennisé par la photographie. Il utilise les matériaux de la nature pour rester proche de ce que fait la nature.

Même s’il agit sur elle, comme quand il place une ligne de feuilles jaunes dans un environnement.
Il vit en Écosse, et y œuvre. Mais il est appelé un peu partout pour réaliser des œuvres à la demande.

Arc de cercle réalisé comme une arche romane avec clef de voûte, faites de briques de terre. Il met l’arc de cercle en évidence dans une photo qu’il révèle en gros plan.

Avec cette autre photo, il montre aussi toute l’immensité qu’il y a derrière. L’œuvre est dans un lieu, un espace qu’il a lui-même spécialement choisi.

Devenu un spécialiste de la photo, et ne retravaille pas ses photos après coup. Il réalise des photos spectaculaires, comme ici en mettant en évidence la brume dégagée par la chute de l’eau. Et la vente de ses photos ou documentaires sont l’une des ses sources de revenus.

Il réalise des « mandalas » avec des feuilles de couleurs différentes trouvées dans la nature, au milieu desquelles surgissent des « trous noirs » (en rapport avec un deuil familial). Ce trou noir, très marqué, n’est pas factice si on agrandi la photo on voit nettement le fond.

Il travaille toutes sortes de matières, terre, feuilles, branches, glaces, pierres, etc, dans des conditions difficiles, et, parfois il doit se faire aider pour qu’on lui apporte les matériaux.

LE CHEMIN

Remettre en évidence des vues de paysages, que l’on a sous les yeux et qu’à la fin, on ne remarque même plus. Il met ces portions d’espace en évidence et révèle leur beauté. Certains matériaux et œuvres sont plus pérennes que d’autres. Les lignes sinueuses qui traversent des forêts sont autant de chemins qui peuvent parcourir des kilomètres. Le système de commandes étant une pratique connue et ancienne est toujours d’actualité il y répondra et installera des œuvres dans des parcs ou autres milieux naturels.
C’est ainsi que Digne en haute Provence possède dans un parc la plus grande collection d’œuvres de Goldsworthy.
https://www.dignelesbains-tourisme.com/en/discover/the-essentials/refuge-dart/

Une ligne verte qu’il trace avec des feuilles sur les marches d’un escalier en milieu urbain. Des jeunes passent et ne semblent pas remarquer l’artiste à l’œuvre. Désacralisation de l’artiste, de l’art ou public gavé d’images ?

Five Men, Seventeen Days, Fifteen Boulders, One Wall, 2010 Fieldstone 152.4 cm x 94.2 m x 81.3 cm

Réalisation d’un chemin en mur de pierres empilées, aidé de professionnels spécialistes et plus rapides que lui dans la mise en place des murs. Il dit lui-même qu’il n’a pas encore compris la pierre et qu’il apprend avec eux. Il y a beaucoup d’humilité de sa part.

Son travail avec la neige et la glace est un défi, il doit être rapide, la glace et la neige cela fond.

CAIRNS

Dans le travail sur le temps, il y a les saisons, les cycles, les changements, le renouveau, la disparition, plein de mots qui portent sur des réflexions intéressantes. Quand on voit des buches de bois empilées en tas, comme une réserve de bois, on n’imagine pas que c’est une œuvre d’art. Il y a l’aspect désacralisé, pour nous faire entrer dans un monde philosophique à partir de formes simples, courantes, banales.

Mix entre un trou de saumon et espace en pierre dans lequel on peut entrer. On est dans de l’environnement et pas dans la sculpture. Refuge mais aussi concept de la tombe, du tombeau, du cercueil, du sarcophage pour certaines formes données à ces espaces. Cela pose des questions en lien avec des éléments qui font partie de tout être humain, éléments relatifs à la vie, à la mort. Il n’y a que très peu de photos de l’intérieur des cairns.

GRAINE

Cette forme est présente dans son travail, depuis le début. En haut à droite on le voit buriner une graine, avec des outils d’aujourd’hui, mais très souvent, il récupère les pierres ou le bois ou la glace du lieu où il construit la graine. De très grande taille, elles sont en forme d’œuf, mais lui les appelle des graines. Il a semé ces graines un peu partout, et on retrouve la question de l’accessibilité, car on ne sait pas forcément où elles se trouvent. Bien qu’il ne veuille pas que ses œuvres soient placées dans des musées c’est aujourd’hui une réalité. La graine fait face à un univers infini. La graine, début de l’infini, élément d’ordre philosophique important : elle se situe à un moment précis d’un cycle, au début, au milieu ou en fin.

La graine en tranches de glace : très impressionnante. Elles naissent, se révèlent grâce au soleil et disparaissent progressivement.

Il fait référence au temps : il a besoin de 3 heures, car il «construit» la graine sur une plage et elle doit être terminée avant la marée. La mer est derrière lui et elle monte. On lui apporte les pierres trouvées aux alentours, au fur et à mesure. Il les place les unes sur les autres, de manière à les garder en équilibre.

Il dit qu’il a d’abord travaillé en atelier où il se sentait contraint, mais qu’un jour, il a travaillé sur une plage et ça a été une révélation. Il y a trouvé une certaine énergie.

Il dit que la pierre parle, qu’elle a un son, il ressent le volume intérieur de la graine et sait comment les pierres doivent être empilées, encastrées entre elles. Il sent comment les pierres doivent être placées. Il demande parfois des pierres spécifiques en matière de longueur, de largeur, de forme ou de poids.

À plusieurs reprises, c’est la chute et tout est à refaire ! Il faut refaire, il dit que c’est ça son travail. Même s’il en a déjà érigées de nombreuses, rien n’est acquis.

Et la marée monte ! Il y aura 4 effondrements ! Le temps presse avant la marée. À chaque fois, c’est la déception et il dit qu’il ne comprend pas encore suffisamment la pierre, et il recommence.

Les graines sont pour lui comme des gardiennes, des protectrices des lieux. La connexion avec la forme de la graine.

Enfin les dernières petites pierres au sommet, la graine est terminée à temps. La marée monte et engloutit l’œuvre. Elle disparaît. Il pensait que la graine serait détruite par la mer. Mais la mer lui a fait un cadeau. La marée retirée, la graine est réapparue ! Elle est toujours là !

Nils UDO 1937

Artiste allemand.

Son travail séduit largement, c’est probablement lui qui est le plus vendu en cartes postales.

Il fait des aquarelles en amont, puis il réalise. On retrouve le cercle, les éléments naturels pris sur le lieu, l’eau, le reflet, les nuages, l’immensité, les fleurs, les feuilles. Langage commun avec les autres artistes.

Il pose ici de la mousse sur les pierres de basalte.

Neige, particules végétales, il créée comme une gradation avec les feuilles et puis il les déstructure pour les réduire de plus en plus en les mélangeant à la neige. Différentes étapes de la matière qui évoque les cycles de vie.

En faisant des trous dans les feuilles, il créée des jeux d’ombre et de lumière. Ce choix de formes géométriques simples, ou de matériaux trouvés et utilisés tels quels renvoie au minimalisme.

NIDS

Il creuse un trou profond et y place des troncs d’arbres, il remplit progressivement.

Parfois, comme ici, avec du bambou, on obtient un nid gigantesque. Référence aux  oiseaux ? Non, pas vraiment, c’est plutôt le cocon, là où naît la vie, la protection, l’abri. On est sur une idée philosophique. Il en a fait des dizaines, sur commande, également. Les nids prennent des formes, des couleurs diverses et variées.

Un peu à la manière de la photographe Anne Geddès, qui a eu pas mal de succès il y a quelques années, pour évoquer le lieu où naît la vie, il a placé un enfant nu au centre du nid, de manière factice, mais était-ce bien nécessaire ? N’est-ce pas « too much » ?

ARBRES

Il profite de ce que l’arbre offre dans sa fragilité pour y placer quelque chose (des sorbes, fruits du sorbier, dans une crevasse formée sur un tronc d’arbre) où il met en évidence des racines d’arbres en y enlevant la terre, il les met à nu.
https://www.nils-udo.com/?lang=fr

Bob VERSCHUREN

Bob Verschueren, artiste belge, est autodidacte. Il a commencé par la peinture, désireux de dépasser les limites de la toile il se lance dans des Wind Painting et découvre le concept de l’éphémère que d’autres Land artistes explorent déjà.

Depuis quarante ans, il crée des sculptures faites de matériaux naturels. Il est connu pour ses enchevêtrements de branches, entrelacs de végétaux sur des murs bétonnés, un peu comme de la vannerie, en forme de roue, de cônes, de cercles. Il les expose dans des environnements insolites.

Les nichoirs sont un de ses modes d’expressions.

sur l’interaction avec une entreprise de remise au travail.

Il a fait aussi des miniatures avec des feuilles ou des légumes dont seules les photos persistent puisque sa préoccupation principale est l’éphémère. Ont peut voir ses photos de miniature à la station de métro bruxelloise Demey.

Andres AMADOR

Artiste américain, diplômé en science de l’environnement, il s’engage dans le corps pour la paix et travaille pendant trois ans en Équateur à l’élaboration de programmes de conservation. Rentré à San Francisco, il s’engage dans la culture et les arts et pour des festivals de musique underground commence à tracer des motifs sur le sol. Très vite, il travaille sur les plages, trace des mandalas et d’autres motifs avec divers ustensiles dont les râteaux. Œuvres de très grandes dimensions, qui nécessitent de la hauteur pour les voir. Les œuvres sont éphémères et disparaissent avec la marée. On parle d’ailleurs d’Art Éphémère au sujet de son travail.

Pour voir le travail de Andres Amador, le mieux est d’aller sur son site https://andresamadorarts.smugmug.com/Site-Files/Site-Pages/Gallery

CONCLUSION : Le Land Art nous renvoie à l’éphémère ou à la pérennité. Au temps qui passe, passé, présent ou a venir. Au geste sans cesse recommencé. A la trace, l’empreinte laissée par l’humain.
Questionnement profond sur l’œuvre d’art au XXIe S. L’œuvre d’art n’est-elle pas un objet, un élément nous permettant de réfléchir sur la condition humaine, le cosmos, la place de l’homme dans l’univers, l’art une porte ouverte sur toutes ces questions qui interrogent notre humanité ? Le contenu philosophique est plus complexe que la forme simple proposée qui, de plus, disparaît.

Merci à Françoise et Cathy pour la retranscription.

RETOUR SUR LAND ART

Pour installer des œuvres Land art les artistes ont-ils besoin d’autorisations?

Oui et non : si l’artiste veut que son travail perdure dans le temps il vaut mieux, c’est le cas de Michael Heizer, Robert Smithson, Nancy Holt, Andrew Goldsworthy pour certaines de ses œuvres, comme Nils Udo.
Mais l’artiste peut aussi installer et puis laisser faire, la nature ou l’administration et le droit. Installer une œuvre dans la nature, l’espace public sans autorisation est aussi un geste politique.

L’Art Urbain ou street art qui comprend des graphes mais aussi des peintures murales, des installations plastiques, … est une forme d’expression qui devra beaucoup recourir aux autorisations pour une part. Intervenir dans les lieux urbains spontanément ne va pas de soi sauf pour le Street Art, qui n’est pas du Land Art, et joue avec les règles du droit de propriété. Les œuvres mises en place de manière « sauvage » sont plus éphémères que celles autorisées. Mais, aujourd’hui les artistes parfois financées par des mécènes, sponsors, appelés par des institutions qui auront à cœur de les financer et de les protéger.
La frontière entre différents types d’œuvres est parfois difficile à définir, en pleine nature on parlera de Land art, en ville ce sera de l’art urbain ou du street art mais si on regarde les œuvres faites de fagots de bois installées en ville de Bob Verschueren est on dans le street art ou le Land art?
Est-ce que l’œuvre n’existe que si elle est visible?
Les Land artistes vont travailler sur cet aspect d’éphémérité et de la disparition et en plus certains travaillent sur l’accessibilité, en ne donnant aucune indication sur le lieu où elle se trouve ce qui fait que le tout venant ne la voit pas. Cela remet en question le statut de l’œuvre d’art et ses caractéristiques spécifiques dont la visibilité et la pérennité font partie. Ou suffit-il de présenter des carnets de préparation, des dessins, des photos, des vidéos tout cela fait partie de l’art conceptuel dont le Land art et le street art font partie. L’artiste et son public acceptent dès lors que l’œuvre disparaisse mais aussi que l’œuvre a existé.

La différence entre la démarche des américains et des européens est due au fait qu’au début leur travail est relié à l’art minimal et conceptuel. Donc être dans l’industrialision du process ne leur pose pas de problème même si leur intention est de se relier plus à la nature.
Et puis cela évolue et ils deviennent plus attentifs à utiliser des matériaux trouvés sur site. La différence entre les américains et les européens est aussi due aux espaces disponibles.

Conceptuel, vous avez dit conceptuel ? A partir du moment où vous pensez à une idée et que vous la mettez en forme vous faites du conceptuel. Est-ce qu’à partir de cette idée vous élaborez une expression artistique avec un propos et une intention spécifique ? Si oui aux deux questions, vous faites de l’art conceptuel.
Nous faisons tous du conceptuel lorsque nous émettons des idées mais est-ce que c’est de l’art ….