Les artistes que nous allons voir vont se distinguer dans un mouvement qui sera nommé : Constructivisme. C’est un mot que Malevitch va utiliser pour se moquer d’Alexandre Rodtchenko trouvant l’objectif de ce courant un peu misérable.
Entre 1918 et 1920 l’avant garde russe va s’affronter dans une lutte acharnée entre les « idéalistes », qui seraient plutôt du côté de Kandinsky et Malevitch et les « matérialistes » qui seraient plutôt du côté des constructivistes.
Nicolas Pounine, historien de l’art officiel de l’époque, dira dans une conférence en 1918 que l’art devait cesser d’être le porteur d’une spiritualité illusoire (référence à Kandinsky) ou de porter un message métaphysique (référence à Malevitch) mais qu’il devait apporter des solutions nouvelles à la vie quotidienne. Plus tard, il sera envoyé au goulag où il mourra. L’avant garde russe pense que la seule activité artistique qui vaille en ces temps de dure réalité socio-politique est le constructivisme. C’est donc une déclaration d’intention où un art prolétarien devrait permettre aux classes laborieuses d’avoir accès à la créativité et au conception de l’art. Même s’il y a un bouleversement de la société, on sait bien que ce ne sont pas les ouvriers et les paysans qui vont avoir accès à l’art mais bien une élite qui si elle n’est plus noble et bourgeoise comme sous l’ancien régime, est l’élite des sphères intellectuelles alliées et fidèles au pouvoir qui se met en place ou qui s’opposent mais qui en subira les conséquences comme Pounine
D’ailleurs en 1924 Malevitch déclare que le Suprématisme déplace son centre de gravité vers l’architecture et il va produire des projets et des maquettes qui sont encore étudiées et importantes pour l’architecture aujourd’hui.
1920 – Le manifeste du Constructivisme a été écrit en 1920 par les frères Pevsner et Naum Gabo.
1922 – La première exposition aura lieu à Berlin en 1922.
Pour les constructivistes, l’art participe à la formation d’un nouvel ordre social. Il est un outil comme un autre pour transformer la société russe devenue URSS, il a donc un rôle utilitaire et fonctionnel avant d’avoir un aspect esthétique.
C’est un mouvement qui va mettre en valeur la construction d’éléments géométriques dans l’espace tant en 2D qu’en 3D, basé sur des formes comme le cercle, le rectangle et la ligne droite. Pour en parler, le vocabulaire utilisé est le vocabulaire de la géométrie traditionnelle et ce mode de pensée va trouver un écho dans la sculpture, les arts graphiques et l’architecture qui est basée sur la géométrie.
1917/1921 – Le Constructivisme va faire partie de l’art officiel de la révolution russe jusqu’aux années ´30 et petit à petit, comme pour le suprématisme, il va entrer en disgrâce auprès des autorités.
1925 / 1930 – avec la montée de Staline au pouvoir, le Réalisme Socialiste s’impose. Après la dissolution de tous les groupes artistiques, les artistes devront répondre à des critères stylistiques définis par les autorités et en lien avec la propagande.
Le premier impact du constructivisme suivra l’exposition de 1922 à Berlin titrée « Première exposition d’art russe ». L’école du Bauhaus sera fascinée par les propositions constructivistes. Au début des années ´60 l’art minimal dans sa pratique sculpturale revendiquera une filiation avec ce courant et aussi à Ludwig Mies van der Rohe (Bauhaus) qui a dit : « Less si more » que les artistes de ce courant appliqueront à leurs œuvres par la simplification, la soustraction.
Le Suprématisme et le Constructivisme sont deux courants complexes, qui ont besoin d’être décodés si on veut les comprendre. Ils ont changé radicalement l’art du vingtième siècle.
Pour un cours d’histoire de l’art nous verrons en matière de constructivisme la part de ce mouvement qui a révolutionné l’histoire de l’art. Car bien qu’il ait répondu par certains côtés à son objectif de faire de l’art pour le quotidien et pour tous, ce n’est pas ce qui nous intéresse ici et maintenant.
Alexandre RODTCHENKO 1891 – 1956
Il est le fils d’un accessoiriste et décorateur de théâtre et sa mère est blanchisseuse. Il entame des études d’art décoratif dans une école de Kazan en 1910, il va très vite va s’intégrer à l’avant garde russe et croiser Malevitch.
Comme tous ses prédécesseur il commence par la peinture mais la révolution de l’abstraction est déjà passée par là et il passe très vite à l’abstraction géométrique, il n’y a plus de sujet.
Sa volonté de participer au changement sociétal va le conduire vers d’autres médiums.

Lili Brik. Portrait pour l’affiche publicitaire Knigi (Livres), 1924 Alexander Rodchenko/MAMM/russiainphoto.ru, Sputnik Livres et le mot au-dessus et en-dessous, elle dit : s’il vous plait, dans toutes les branches de la connaissance.
Rodchenko va faire de la photo, magnifier le photomontage et se lancer dans la réalisation d’affiches et va participer à la diffusion de la propagande*. Premier à faire du collage photo et message, il est considéré comme le pionnier du graphisme russe.
* Le terme propagande en russe n’a pas la même connotation qu’en occident. Pour les russes c’est de l’information. Et il fallait que même les analphabètes comprennent.
https://www.nundesign.fr/mouvements/constructivisme
Ses propositions sont novatrices, on va retrouver l’oblique dans nombres de ses photos

Escaliers de secours. De série Immeuble de la rue Miasnitskaïa, 1925
Alexander Rodchenko/MAMM/russiainphoto.ru
Un homme qui monte à une échelle n’est, en soi, pas un sujet intéressant mais, présenté de cette façon ça l’est beaucoup plus. Une fois de plus, on constate que l’artiste jette les procédés techniques établis pour rechercher de nouvelles voies tout comme la société qui se cherche à ce moment là.
Le Leica est l’appareil photo qu’elle porte en bandoulière. On voit que Rodchenko propose des cadrages, des orientations nouvelles, un travail très axé sur l’ombre et la lumière. Le sujet est là mais, c’est ce qui se passe autour du sujet qui est important.
Mais ce qui nous intéresse c’est ce qu’il va faire en sculpture.
C’est une photo d’époque. Peu d’œuvres du constructivisme nous sont parvenues, elles ont été détruites, mais grâce aux documents laissés par les artistes on peut les reconstituer.
Cela mesure moins d’un mètre de diamètre et les premières impressions qui nous viennent sont: il n’y a pas de socle, elle est suspendue, il y a plein de vide. C’est fait en lamelles de bois. Les anneaux sont multiples, un suggère le diamètre extérieur et à l’intérieur les autres sont mobiles et confirment les limites du volume… parce qu’il bougent. Le mouvement est léger plus dû au déplacement de l’air autour de la sculpture.
Rodchenko sera le premier à proposé le vide comme moyen technique constructeur d’un volume.
Pour le socle Constantin Brancusi est l’artiste que l’on retient pour son travail au sujet du socle qu’il a commencé début du Vingtième siècle. pour lui, le tout est sculpture.
Par contre chez Rodchenko le fait de suspendre la sculpture fait disparaître le socle mais induit essentiellement l’idée que la relation entre l’objet et l’espace sera autre que précédemment. En effet depuis toujours on considérait que la sculpture était un objet posé sur un socle posé lui-même e au sol.
Et en plus, un mouvement de l’objet, léger, mais présent ce qui ajoute encore une autre dimension. Mouvement qui fera des émules dans les années ´70 et qu’on appellera l’art cinétique. Les artistes utiliseront le mouvement comme procédé technique constructeur de la sculpture qui se modifiera au cours de ce mouvement soit par l’effet de l’air soit par un moteur ajouté à la sculpture. Pol Bury, Takis, Alexandre Calder, Jean Tinguely, …
Voici une reconstitution et l’on peut voir qu’il y a un autre phénomène qui apparaît du fait que la sculpture est dans l’espace et pleine de vide. La lumière vient créer des ombres matérialisant le volume sur les plans, murs, sol, plafond, qui entourent l’espace dans lequel est la sculpture. Une amplification de l’objet par immatérialité de l’ombre vient complexifier l’objet.
Sol LEWITT 1928 – 2007
Mouvement minimal, fin des années ´60 aux Etats-Unis.
Ce sont des profils de métal peints en blanc, quel est le volume ? Le cube, et l’on s’attend à ce qu’il soit plein et ici il est vide.
Ici, un cube, quatre cubes, multiplication des cubes. Il prend un modèle de base et le multiplie. Brancusi l’avait déjà proposé dans sa colonne sans fin. On est dans le plein.
On est toujours dans le cube et pourtant il manque des arrêtes, c’est plein de vide, mais nous somme d’accord pour dire que c’est un cube. Comme quoi notre cerveau nous trompe. C’est bien de l’art minimal pour obtenir un maximum d’effets.
Toujours Sol LeWitt, leçon de Rodchenko retenue, il y a des carrés en 2D et sur l’un d’eux le développement d’un cube fait d’arrêtes et constitué de vide. L’ombre constitue un cube immatériel. Art minimal, à tendance géométrique, blanc, et surtout on ne ressent pas d’émotion et c’est bien l’objectif de l’art minimal qui se revendique de l’abstraction géométrique de Mondrian. Nous sommes face à des artistes qui ont des intentions plus intellectuelles qu’émotionnelles.
Revenons à Rodchenko :
C’est du contre plaqué peint à la peinture d’aluminium. On peut se faire les mêmes réflexions que pour la sphère.
Rodchenko va également proposer ce genre de pièces
Et en 1960 Carl André s’en inspirera

Carl André, Pyre (série d’éléments, de 30,5×30,5×91,4) 121,9 x 91,4×91,4
tronc de cèdre rouge, conçue en 1960 et exécutée en 1971,
Des parallélépipèdes rectangles en bois tous les mêmes, un module donc.

Carl Andre. Timber Piece (Well), (1964/1970), Museum Ludwig. Courtesy of Rheinisches Bildarchiv Köln.
Si cela ce n’est pas une filiation directe entre Rodchenko et l’art minimal, voire un peu de copie… Mais cela veut dire que les propositions de Rodchenko sont révolutionnaires et participent à cette idée de changement sociétal.
Cette photo d’époque montre cette deuxième exposition des jeunes artistes mais qui sera considérée comme la première montrant des œuvres constructivistes. Avec quelques peintures mais surtout des structures et les compositions spatiales de Rodchenko suspendues.
Vladimir TATLINE 1885 – 1953
Tatline est un autre membre de cette avant garde russe et il est convaincu que l’art ne doit plus être un ensemble d’objets placés dans les musées ou achetés pour être placés dans les intérieurs bourgeois. Pour lui l’art sert à transformer la réalité et c’est l’objectif qu’il se donne.
« Sur les places et dans les rues, c’est là où nous mettons notre travail, convaincus que l’art ne doit pas rester un sanctuaire pour les oisifs, une consolation pour ceux qui sont fatigués et une justification pour les paresseux. L’art doit nous assister partout ainsi que dans tous les flux et reflux de la vie. »
Dans un premier temps on voit qu’il pose des jugements assez négatifs sur ces compatriotes et trouve que quand on n’est pas actifs dans la société on n’a pas vraiment droit de cité. Son intérêt va être multiple.
Son père est ingénieur et poète, Vladimir Tatline à donc baigné dans une ambiance artistique littéraire. A quatorze ans, il fugue et s’engage dans la marine marchande et pendant deux ans au gré des navigations il découvre la France, la Palestine, la Turquie et le Maroc. En 1902, il entame des études artistiques qu’il continue à Moscou en 1907 et 1908. Et grâce à ces années de marines il sera autonome financièrement. Pendant l’été 1911 il voyage comme marin et peint cet autoportrait. En 1913, il va aller à Paris pour rencontrer Picasso à qui il proposera d’être son domestique, celui-ci refusera, Tatline rentre en Russie. En 1915 il participe à l’exposition 0,10 .
On sent des influences, expressionniste pour les déformations, par contre en terme de construction du sujet il est classique. C’est un portrait centré et placé dans une forme triangulaire dont les angles de la base sont hors cadre ce qui a pour fonction de rapprocher le sujet du spectateur. Le portrait est construit par des lignes et des formes géométriques. Sur le fond, les personnages sont brossés grossièrement et sont peu détaillés, on a aucun indice sur le lieu où se tient ce personnage.
Construction du sujet par des formes géométriques qui se superposent, déformation du personnage dans le fond à gauche, une amplification par l’utilisation de la ligne courbe
L’espace derrière le personnage est imprécis, impossible de reconnaître le lieu. Et il n’y a pas de perspective, c’est plat. La notion d’espace n’est pas la préoccupation de Tatline.

Picasso, Nu à la serviette Paris, Bateau-Lavoir, hiver 1907-08 huile toile 116 x 89 cm
Coll. privée Paris.
Souvenons nous que Tatline a fait le voyage de Paris et qu’il y a même rencontré Picasso. A cette époque, le cubisme avait fait ses trois révolutions. Tatline a pu voir le travail de Picasso dont on sent l’influence dans ce nu. Le fond est abstrait avec des tons changeants pour donner de la matérialité. Le sol est délimité par une horizontale et à droite par une oblique, Tatline s’est laissé aller au diktat de cette perspective linéaire qui date du 15ème siècle.
Les Trois tableaux montrent l’évolution et la recherche de Tatline qui comme ses pairs cherche sa voie, et il fait aussi ceci …
C’est bien une composition abstraite puisqu’il n’y a pas de sujet.
Question : une composition avec des lignes ne peut elle être un sujet ?
Une composition avec des lignes pourrait être un sujet, aujourd’hui. En 1916, faire cela, c’est faire une peinture sans sujet parce qu’à l’époque la peinture doit représenter quelque chose ; une scène religieuse, une scène historique, un portrait, un pot de fleurs … soit un sujet reconnaissable. Ceci ne ressemble à rien et c’est pour cela que l’on dit qu’il n’y a pas de sujet. En 2023 une composition de lignes et de carrés peut être un sujet en soit. C ent ans plus tard le langage abstrait fait partie d’un langage habituel. On voit plein d’expressions artistiques abstraites et si ce n’est pas nécessairement du goût de tout le monde, cela ne choque plus.
Par contre face à cela, le spectateur de 1916 était sans doute plus que perplexe.
Question : Les mots qui figurent sur la toile ne donnent elle pas un indice du titre ?
Oui et non, Schwitters a commencé comme cela, il a découpé un mot dans un journal « Kommerzbank » dont il gardé une partie « Merz » et a construit une théorie autour de cette syllabe, le « Merzbau » sorti de son contexte le mot n’a plus de signification.
Ici Tatline a mis des mots mais est-ce le sujet du tableau ? j’ai des doutes. Il semble que c’est l’adresse de l’atelier où Tatline a créé cette œuvre.
Et il va aussi se mettre à faire ceci … en même temps qu’il fait de la peinture.
Il incorpore de la matière et travaille avec des matériaux de rebut. Le fond est une planche en bois, sur laquelle il va clouer ou coller d’autre pièces de bois mais aussi du cuir, du métal.
Les éléments sont disposés plus ou moins au hasard. On sent, quand même, une organisation dans le positionnement des objets mais aussi du champ chromatique et cet ensemble crée une harmonie. Il est, néanmoins, à la recherche d’une harmonie ce qui conduit à une recherche et une dimension esthétique.
Tatline, même si il est un admirateur de Picasso, n’est pas du tout attiré par la décomposition de l’objet dans le but de montrer la vraie réalité, dixit les cubistes.
Lui, il veut aller vers l’abstraction et il va assembler des matières diverses pour en faire un objet sans sujet, sans réalité figurative.
On voit que c’est le même genre de travail que le précédent, si ce n’est la différence du champ chromatique, et il met des éléments qui se décrochent de manière plus importante de la surface. On sent bien que Tatline cherche à sortir de cette surface verticale c’est manifeste dans ce relief ci, il sort plus de la surface que dans le précédent.
Vocabulaire : Relief : il se défini par rapport à la surface de base. Si on creuse dans cette surface, contre parlera de bas reliefs, à voir chez les égyptiens. Si on sort de la surface et selon que l’on s’en dégage de : o,5, 2, 5, 15 cm on parlera de moyens et haut reliefs.
A la différence des précédents, les éléments, ici, semblent accrochés à la planche comme si Tatline n’osait pas encore aller vers la sculpture. Comme si cette planche servait de socle, mais au lieu d’être au sol il est accrochée au mur.
Il est important de prendre cette évolution en considération parce qu’il va proposer quelque chose qui ne s’est jamais fait auparavant.

Reconstitution : Vladimir Tatline, Contre-relief d’angle, 1914,
fer, cuivre, bois et câbles, 71×118 cm,
Saint-Pétersbourg, Musée d’Etat Russe.
Que s’est-il passé ? Il n’y a pas de socle. Cet objet est fixé dans un angle, l’élément principal n’est pas accroché au mur, mais il est fixé, dans l’angle de la pièce, par un sytème de filins qui sont au nombre de six. A gauche, sur une barre en bois fixée au mur en oblique, il y a six crampons à ceux ci sont accrochés six câbles qui passent au travers d’un des éléments et sont assemblés dans un dispositif tendeur du côté droit. On sent, ici, l’influence de ses années de marin.
Il y a du bois et des tôles mises en forme et puis les filins, tous ces éléments qui semblent être de rebut.
Il va appeler cela « contre relief d’angle ».
Il y a une ombre mais elle n’a pas le même propos que dans les sculptures suspendues de Rodchenko ou celle de Sol Lewitt où elle reconstitue un cube.
Le vide est l’élément dominant. La sculpture ne peut être que l’ensemble des éléments, car, si l’on sépare les filins de l’élément central celui-ci ne peut être maintenu à cet endroit. Les pièces de l’élément central sont des tôles, fines, courbées qui prennent de la place dans l’espace mais laissent du vide entre elles.
Il aurait pu l’accrocher au mur, mais son intention est d’occuper l’angle de la pièce.
Résumons, quelles sont les avancées proposées par Tatline ?
C’est une sculpture abstraite, qui n’a pas de socle, elle est hors sol, un accrochage entre deux murs et dans un coin ce qui remet en question l’idée de ronde bosse*. Peut-être que c’est fini de tous côtés mais ici ce n’est pas le projet de Tatline, il fait une proposition novatrice dans le sens où il utilise un angle de pièce, partie d’espace qui n’est jamais occupé.
Il y a de l’équilibre et en même temps il utilise une oblique qui introduit du déséquilibre.
Question : Une installation peut-elle être une sculpture ? On pourrait l’envisager comme une installation. Sauf que, au moment où Tatline l’a réalisée le concept d’installation n’existait pas. Aujourd’hui on serait sans doute à 50% de pour être 50% de contre.
* Vocabulaire : ronde bosse, se dit d’un objet sculpté ou assemblé autour duquel on peut tourner et qui est fini de tout côtés.
On n’est pas dans le même genre de suspension que Rodchenko qui est plus du type mobile qui sera reprise par Calder.

Vladimir Tatline, Contre-relief d’angle, vers 1915-1917,
fer, zinc et aluminium, 78,7 x 152,4 x 76 cm, œuvre disparue.
Et il en a même fait sur un angle saillant .
Il innove dans la gestion de l’espace, dans l’accrochage, les matériaux utilisés, le rapport du spectateur avec l’objet.
Question : L’ombre à t-elle une portée politique ?
Non, l’axe politique est de faire un objet qui va être considéré comme de l’art, une sculpture, qui n’a pas de sujet, qui est exclusivement géométrique et qui ne répond plus aux critères stylistiques d’une sculpture et donc de faire un art totalement nouveau pour cette société nouvelle.
Question : y a-t-il un courant qui fait de l’ombre un objectif de travail ?
Non, mais des artistes travaillent l’ombre et la lumière et ce sera l’objet d’un cours l’année prochaine. Du fait de son travail photographique Rodchenko est probablement sensible à cet aspect.




























